#Rencontre : Fatoumata Sano

user.username Commissariat général, le 28 septembre 2021 0 commentaire

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Fatoumata Sano,

Professeure d’espagnol, écrivaine, éducatrice préscolaire et correctrice de manuscrits certifiée à Conakry, Guinée.

 

Je suis sénégalo guinéenne, un produit de l’UCAD de Dakar, professeure d’espagnol sortie de l’École Normale supérieure de Dakar, écrivaine, formatrice des formateurs du préscolaire. Je suis aussi correctrice de manuscrits certifiée. Je viens juste de terminer l’écriture d’un livre de jeunesse sur les enfants talibés en plein Covid-19 et j’en ai entamé un autre qui raconte l’histoire d’une fille de 12 ans dont le grand-père décède de la Covid-19 au moment où elle passe son examen de passage en 6ème collège… En même temps je projette de faire de la remédiation pour des éducatrices du préscolaire car beaucoup ont du mal dans la conduite du cours avec les tout petits… et c’est un peu n’importe quoi dans un grand nombre de maternelles chez nous…

 

Dans ce cadre, j’ai déjà écrit 5 ouvrages dont un a été primé à la Journée du Manuscrit Francophone. Un autre est connu et apprécié chez nous, même si les ventes ne plafonnent pas. Le recueil de poèmes aussi. Mais ce qui me tient le plus à cœur est d’arriver à faire lire mes 2 œuvres écrites pour la Petite Enfance et l’élémentaire, et surtout que les éducateurs puissent tirer profit de mon expérience personnelle mentionnée dans la méthodologie que je propose pour raconter une histoire ou étudier un poème avec les enfants, et tester les séquences que j’ai élaborées. J’ai aussi produit un texte de cinq pages sur « comment inciter les jeunes à la lecture » dans un ouvrage collectif paru chez l’Harmattan.

 

La principale difficulté est liée au manque de reconnaissance malgré tout ce que j’ai investi pendant des années, au « vol » de la propriété intellectuelle (j’ai été victime deux fois), au manque de moyens, de leviers, de soutien pour faire connaître mes œuvres. Au moment où j’ai reçu ce mail je pensais à « terres solidaires » pour voir si mes deux premières œuvres pouvaient avoir la chance d’y être rééditées pour davantage de visibilité. J’ai une grande envie de partager ce que j’écris.

 

J’attends que tous les leviers, dans tous les pays, soient actionnés et qu’une politique publique efficace du livre et du livre de jeunesse en langue française soit appliquée dans les meilleurs délais ; que les ouvrages des auteurs et autrices contemporains de l’espace francophone soient inscrits dans les curricula ; que tous les moyens soient mis en œuvre pour accompagner les auteurs et autrices pour mieux faire connaître leurs écrits ; tout faire pour que les enfants, dès le bas âge, maîtrisent la lecture et aiment le livre partout et pour toujours, malgré la concurrence faite au livre par les NTIC.